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© Candice Hazouard

Didier Olivré


Est né à Brest en 1959 et y a vécu toute sa jeunesse. Après un bac D et une année d’hésitation, il intègre l’École Louis Lumière à Paris pour apprendre la photographie. On est en 1979. Trois ans plus tard, il devient assistant photographe et met sa technique à l’épreuve de la pratique. Il travaille pour la publicité, en studio, sur des images très mises en scène. En 1987 il est victime d’un grave accident de scooter et décide d’aller se reposer pendant un an à New York. Là, il redécouvre le plaisir simple de saisir les gens dans la rue avec un Rolleiflex acheté juste avant de partir. À son retour à Paris en 1988 il se consacre aux portraits, travaille pour les magazines féminins Marie-Claire ou Madame Figaro et devient l’un des photographes attitrés du prestigieux Studio Magazine. En 1992, il choisit de tourner une page et rentre s’installer à Brest pour travailler sur un projet qui lui tient à cœur : Portraits de Bretagne, un livre-écrin qui montre et raconte des gens, capturés en noir et blanc.

« J’ai toujours été dans l’observation », lâche-t-il, même si la révélation surprend peu. « Très tôt j’ai acheté un appareil photo. J’avais un cyclomoteur, je partais voir des paysans autour de Brest et je faisais des portraits que je développais moi-même ». Il y a un labo photo au lycée, c’est une chance, il en profite. « J’avais deux passions, la mer et la photo, avec la certitude que je voulais vivre de l’une ou de l’autre ». Il précise, « j’aurais bien aimé être chercheur à Ifremer, mais il aurait fallu que je fasse un bac C ». La recherche maritime est néanmoins dans sa ligne de mire, alors il s’inscrit en fac de biologie. Il y reste trois mois « j’étais agoraphobe et il y avait beaucoup trop de monde dans les amphis ». Ce sera donc la photo. Il dévore frénétiquement tous les ouvrages qui lui sont consacrés à la bibliothèque de Brest. « À la fin de l’année, j’ai passé le concours de l’École Louis Lumière et j’ai été reçu ». Il rigole, « nous n’étions que vingt-cinq dans la classe ».

Il est fasciné par les grands portraitistes comme Richard Avedon, Irving Penn et Bill Brandt « c’est pour ça que je suis allé vers du studio ». Un dispositif plutôt lourd, « tout le contraire de Cartier Bresson », sourit-il, pour mettre le sujet en valeur. « Mes premiers boulots, c’était des travaux extrêmement léchés, avec des gens grimés et mis en scène pour de la publicité ». Il est à Paris et travaille énormément. Un jour de 1987, un automobiliste le percute alors qu’il roule en scooter. « J’ai eu une hémorragie dans le cerveau qui a occasionné une perte de la parole ».

Un choc qui remet beaucoup de choses en question. « J’ai réfléchi à ce que je voulais faire. Quelle était la vraie raison pour laquelle je voulais être photographe ? ». Il part se reconstruire à New York et se met à faire des photos de rue. Il dit « mon accident m’a donné une plateforme de sérénité. Ça aurait pu me ralentir, ça m’a accéléré. Comme si j’avais été en résidence mentale pendant deux ans ». En rentrant à Paris il se met à travailler pour la presse féminine, « cela m’a amené à aller chercher la beauté des gens ». Aujourd’hui, il a rejoint ses bases brestoises, mais continue à aller un peu partout, au gré des commandes, attraper la beauté des gens pour la fixer sur photographie.

Mes images
« New York. C’est une ville très internationale et festive que j’aime photographier. Si je n’avais pas eu d’enfants, je serais retourné y vivre aujourd’hui. Je n’aurai pas de retraite, je n’arrêterai jamais et je sais que cette ville peut me nourrir indéfiniment ».
« En dehors de mon travail de commande, je continue à épurer sur du travail de studio. Le fond blanc, tu as toute la liberté. C’est une quête qui ne sera jamais finie ».
« Je recherche une esthétique, je ne suis jamais dans la destruction. C’est souvent dans la lumière que ça se joue. La plus belle lumière, c’est la plus simple ».

Mes sons
« J’écoutais de la musique des années soixante-dix et je suis entré dans la musique contemporaine. Depuis cinq ans, je suis président de l’association de l’Ensemble Sillages à Brest. Cela m’a ouvert à d’autres sons. J’apprends à apprécier la dissonance. En ce moment, nous travaillons avec le compositeur portugais Martin Matalon que j’apprécie vraiment. Côtoyer ces artistes m’a appris à les comprendre ».
« J’aime beaucoup la musique répétitive. Steve Reich, Philip Glass, Luc Ferrari ».

Mes textes
« Ma grand-mère était une paysanne déplacée dans la ville. Elle portait la coiffe. Mon grand-père était charron, il fabriquait des charrettes, il était venu à Brest pour travailler à l’arsenal. Tous deux étaient en sabots. Quand j’étais môme, j’allais lire Le cheval d’orgueil de Pierre-Jakez Hélias avec ma grand-mère, c’est un souvenir très fort ».
« J’adore Marguerite Duras, parce qu’elle a une écriture très cinématographique et photographique. Peter Hanke aussi ».

Le site de Didier.


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