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© Erwan Le Moigne

Gilles Kerdreux


Est né à Dakar au Sénégal dans les derniers instants de l’année 1962. Il rentre en France quelques jours plus tard, le père est marin et la famille le suit. Brest, Dunkerque, puis Saint-Brieuc. C’est là qu’il passe son bac et fait ses premiers pas dans le théâtre et dans l’organisation de festivals. Après avoir un temps imaginé suivre des études de médecine, il part à Rennes pour rejoindre l’université et une fac d’histoire. Il devient ensuite journaliste. Pour le Télégramme de Brest au début des années 1980, puis ce sera Radio France, le journal municipal de Saint-Brieuc et d’autres médias. C’est en 1991 qu’il est embauché définitivement à Ouest-France. À Nantes, Saint-Brieuc et enfin Rennes. Aujourd’hui il travaille pour les dernières pages reportage, culture, médias du premier quotidien de France.

« J’ai commencé la photo à douze ans, avec un Lubitel 6x6. J’avais un labo dans le grenier et je développais moi-même mes images ». Le retour prématuré de la famille vers la France alors qu’il n’a que quelques jours a mis sa vie en danger. Il multiplie les passages à l’hôpital et « comme les médecins m’ont sauvé, j’ai cru que je voulais faire ce métier pendant longtemps ». En attendant, ne pouvant avoir les mêmes activités que les autres jeunes, il s’invente d’autres passe-temps. Outre le goût de la photo, il a celui de l’écriture et de la radio. « Je faisais des reportages tout seul dans ma chambre. Ça n’avait pas encore d’utilité », mais les germes de quelque chose étaient là. L’intérêt pour les gens qu’il observe, un pas de côté, pour mieux comprendre le monde qui l’entoure.

Cette enfance particulière associée au fait qu’il soit né « ailleurs », exacerbent ses envies de voyages. « Et puis je suis issu d’une famille de marins. Chez nous, bouger est culturel ». À quinze ans, il part en Irlande. L’année d’après, il fait le tour de l’Europe en train avec une amie et pour ses dix-huit ans il s’en va quatre mois et demi dans l’Océan indien, « je suis rentré pour repartir dans la foulée au Québec pendant plusieurs mois ». C’est aussi l’époque où il découvre le théâtre, « je suis d’une génération qui a grandi dans les années soixante-dix et quatre-vingt. Le théâtre était intimement politique. Il était dans la vie et dans la rue. C’était passionnant ». C’est du théâtre forum, du théâtre de rue, du clown, de la commedia dell’arte. Il joue dans des plannings familiaux, des gares, des cafétérias, des MJC, des écoles, mais aussi à Avignon ou aux Tombées de la Nuit à Rennes.

« J’hésitais vraiment entre le théâtre et le journalisme. Dans les deux cas c’était l’humain que je voulais raconter ». Le journalisme le rattrape avec des premiers remplacements au Télégramme de Brest, à Radio France, mais aussi dans d’autres médias. « J’étais un mercenaire du journalisme ». Et puis finalement, en 1991, il entre à Ouest-France, « depuis, je suis posé dans le même journal, le reste se développe à nouveau, par un système de plein et de vide, de manière normale », s’amuse-t-il. Parce que ça ne l’empêche pas de s’autoriser des incartades, en tant que correspondant à Rennes pour Le Monde, où au travers des aventures imaginées avec L’Autre Idée. Amoureux des voyages, il précise « Je ne suis jamais allé en Océanie », mais il a foulé les autres continents et garde toujours une affection particulière pour l’Afrique et plus généralement pour l’Arc Atlantique. Il dit simplement « c’est mon coin ».

Mes textes
« Le Choix de Sophie de William Styron. Cette femme en camp de concentration qui ne peut sauver que l’un de ses deux enfants et doit faire un choix. L’humain confronté à l’humain. C’est l’un des premiers textes qui m’ait permis de comprendre ça ».
« Les histoires extraordinaires d’Edgar Allan Poe. La capacité de l’être humain à inventer des histoires. Et c’est traduit par Baudelaire ».
« Enfin, Rêver pour l’hiver, d’Arthur Rimbaud. Là c’est l’humain face à l’amour ».

Mes images
« The Migrant Mother, de Dorothea Lange qui fait partie d’une série de photographies commandée par le gouvernement américain pour convaincre de la nécessité du New Deal à la suite de la grande dépression de 1929. C’est un témoignage de l’histoire plein d’humanité ».
« Anita Conti, Nettoyage des cheminées sur le chalutier Viking. Là encore une femme photographe. Il y a une sensualité incroyable dans son travail ».
« Le soir bleu d’Edward Hoper. C’est une scène de bistrot et il y a ce clown blanc qui se demande ce qu’il fait là. C’est le théâtre dans la peinture ».

Mes sons
« J’ai fait dix ans de piano et j’ai pas mal fait la manche avec mon mélodéon, petit accordéon cajun. Mais la musique n’est qu’un passe-temps. On ne peut pas tout faire ! ».
« Sunken Waltz de Calexico est un album que j’aime énormément ».
« Miossec, il m’accompagne. Montparnasse, s’il ne fallait citer qu’un morceau ».
« Le son de la guitare de Lou Reed sur Romeo had Juliet m’émeut profondément. Reed, je l’ai vu deux fois en concert et c’était à chaque fois magnifique ».


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