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© Erwan Le Moigne

Thomas Le Corre


Né en 1974 à Brest, il commence la guitare en autodidacte et suit des cours en école de musique à partir de 1994. Après des études de lettres il passe un BEATEP musique (Brevet d’État français d’Animateur Technicien de l’Éducation Populaire) en 1998. Au cours des années quatre-vingt-dix, il sort plusieurs disques en groupe (Djud, Third Pole) ou en solo (Homas). C’est en 1996 que naît Møller Plesset. Riche de trois albums, ce groupe, toujours actif aujourd’hui, tourne régulièrement à travers l’Europe. Il compose par ailleurs des musiques de documentaires : Le veilleur de Céline Dréan, Almanci, entre deux rives d’Emmanuel Piton... Entre 2012 et 2013 il accompagne Didier Wampas en tournée avec les Bikini Machine. Il intègre le Pink Iced Club (orchestre de guitares) d’Olivier Mellano pour sa création How we tried en 2012.

« C’est en voyant les Béruriers Noirs jouer Ainsi squattent-ils à la guitare acoustique dans l’émission de télé Ciel mon mardi ! que j’ai su que je voulais faire ça ». L’anecdote l’amuse. Il s’en excuse, « ça fait un peu cliché » et poursuit, « je venais de rentrer du Gabon où on était parti en famille pendant deux ans. Il y avait une guitare à la maison et j’ai demandé à mon père de me montrer les trois accords du morceau ». Le sésame lui permet de commencer à jouer dans ses premiers groupes.

« Le deuxième déclencheur, c’est Heitor Villa-Lobos, le compositeur brésilien de guitare classique dont mes parents avaient les disques. C’est lui qui m’a donné envie d’aller plus loin ». Il explique, « en tant qu’autodidacte, j’étais arrivé au bout. En plus je me mettais à programmer des machines électroniques. Il me fallait vraiment apprendre les bases du solfège pour faire des arrangements ». Il s’inscrit à l’école de musique d’Hennebont, près de Lorient « je me suis retrouvé en cours avec des gamins de six ans plus forts que moi ! ». Il y reste cinq ans.

« Mon père était peintre graveur. J’ai pu voir l’importance du travail, de la technique dans le processus de création. On peut avoir une facilité dans un art, mais il faut de la rigueur pour en faire ce que l’on veut ». Il revendique une approche Lo-Fi dans sa démarche, par opposition à Hi-Fi, « il y a cette idée dans le son sale de ne pas blesser le sacré. Je crois que ça me vient du Gabon. Les musiciens y font de la lutherie avec des bouts de ficelles ». Lui aussi trafique des vieilles guitares qu’il récupère en braderie, « j’adore l’approximation, les couacs, les petits frottements du doigt, les retards de rythme. Le côté humain en fait ». En 2009, il croise ses guitares avec les dessins de Nylso. Ils en sortent un livre-disque, Les Sièges « parce qu’on est nécessairement assis et pour jouer de la guitare classique et pour dessiner » et proposent des concerts dessinés. Tous deux jouent sans filet. « Lui ne fait pas de crayonné, c’est sans retouche. Moi non plus, ce sont mes doigts et ma guitare, sans effets ».

Mes sons
« Les bruits. Tout ce qui n’est pas son à proprement parler : pas de timbre, pas de hauteurs de notes. Je me suis remis au skate. J’en ai fait toute mon adolescence. Il y a un panel de sons incroyable : fer contre bois, contre béton, roues sur le bitume. Plein de bruits et de rythmes différents ».
« Captain Beefheart, que j’ai découvert assez tard, à la fin des années 90 après avoir pratiqué ce genre de musique sans savoir qu’il y avait un maître dans le style. Trout Mask Replica est un album de chevet. C’est l’apothéose du rock bancal. Du groove chancelant ».
« Crass, plus pour le côté militant de mon adolescence. Mais aussi parce qu’ils ont un truc dans le son des grattes très tranchant, absolument pas conventionnel dans le punk, à la limite de l’expérimental ».
« Jean Sébastien Bach. Le seul qui puisse se permettre d’avoir un son propre ! »

Mes images
« Les gravures de mon père, Christian Le Corre. Forcément ça marque parce que tu baignes dedans ».
« Nylso aussi, pour son travail de fourmi ». « Et Éric Mahé, qui nous a fait toutes nos pochettes de Møller Plesset. Son boulot en noir et blanc. Son univers en général : c’est torturé, mais jamais glauque. Un esthétisme sombre et lumineux ».
« À bord du Darjeeling de Wes Anderson. L’image est sublime, mais comme tout son cinéma en général et je suis un inconditionnel de son humour ».

Mes textes
« Afrique mon Afrique de David Diop qui est le seul poème que je connaisse encore par cœur. Il ne me quitte pas et je l’ai très souvent en tête ».
« Philip K. Dick, tout, mais en particulier Si ce monde vous déplaît... Et autres écrits ».
« Rudyard Kipling Si... Avec le fameux « Tu seras un homme mon fils » ».
« Et enfin les écrits théoriques, La perception de la musique, L’invention de zéro. Tout ce qui peut sembler rébarbatif, j’adore ça ! »

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