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© Didier Olivré

Régis Guigand


Est né à Saint-Nazaire, fin décembre 1972 et a grandi vingt-cinq kilomètres plus loin dans la commune de Crossac. Après son bac, il part à Rennes où il intègre la fac d’arts plastiques. Il passe deux fois le CAPES, se rend compte qu’il n’est pas fait pour le professorat et devient objecteur de conscience pendant deux ans au sein du service culturel de l’université de Rennes 2. Peu de temps avant, il avait rencontré les amis avec lesquels il allait fonder le collectif des Ateliers du Vent. Sa pratique artistique l’a mené du dessin à l’écriture, les Ateliers du Vent l’amèneront de l’écriture au théâtre. Auteur, il devient comédien un peu par hasard et souligne que ce n’est ni son activité principale, ni celle qu’il préfère.

« J’ai toujours dessiné. Ça a dû commencer vers quatre ou cinq ans. La révélation de l’écriture a eu lieu quand j’avais quinze ans ». Il précise, « j’étais dans un collège rural et j’avais un prof de français maoïste, donc comme tous les maoïstes il avait été bosser à l’usine. On était en 3ème et pour nous, ça signifiait quelque chose. Il nous a fait lire un poème de Rimbaud en nous disant « il n’y a pas de raison que vous ne puissiez pas écrire comme lui » ». À l’époque, il lit peu. Le virus lui tombe dessus après la fac. « En fait, pendant mes études, j’ai abandonné la peinture pour le dessin au crayon et à la plume. C’est comme ça que j’en suis venu à l’écriture. C’était un prolongement : j’écris tout à la main ». L’intérêt pour la littérature arrive dans la foulée, « je me suis mis à dévorer plus de quarante livres par an ».

Il rencontre les camarades avec lesquels il constituera le noyau dur des Ateliers du Vent en 1995. « C’était pendant les manifestations étudiantes. On a monté l’association l’année d’après. Et puis on a trouvé une vieille grange pleine de poussière qu’on a retapée. Ça a fini de nous rapprocher ». Ils gravitent tous plus ou moins dans des sphères artistiques, ne savent pas réellement où ils vont, mais ont envie d’y aller. Ils inventent un endroit des possibles avec des ateliers pour travailler et expérimenter, mais aussi des temps pour présenter les fruits de leurs recherches au public.

Il dit en riant « le théâtre je me suis retrouvé embringué dedans, plutôt à contre-cœur » et poursuit « ce qui me plaît, c’est le rapport au texte. Pour moi, comme c’est du spectacle vivant, on doit partager du vivant. Il y a le comédien, mais aussi le spectateur. On devrait être d’égal à égal ». Ce qu’il préfère, c’est éditer ses écrits et ceux des autres, via sa revue Du Nerf, dans laquelle se côtoient toutes les formes d’écriture : texte, illustration, proposition musicale (partitions), photographique (romans-photos), cinématographique (storyboards), ou politique (tracts, manifestes), anonymes ou signés. Il peut lui arriver d’incarner ses textes. Mais en tant que comédien, il dit se sentir comme « un accessoire au service de la mise en scène ».

Mes textes
« Je suis extrêmement touché par Un tombeau pour Anatole, un poème inachevé de Stéphane Mallarmé qui fait quand même quatre-vingts pages. Il l’a écrit quand son fils est mort. Il a jeté la structure essentielle sur papier et n’est jamais revenu dessus. C’était impossible, trop douloureux. Je trouve ça magnifique de ne pas revenir sur un texte. L’artiste n’a pas besoin d’écrire cent livres. Il cherche à en écrire un : LE livre »
« Robert Pinget, Quelqu’un, où le narrateur ne veut absolument pas parler de lui et le fait sur quatre cents pages. Ça ne manque pas de comique ».
« Ennui de noces de Stig Dagerman. J’aime son discours avec la nature et sur la nature. Avec lui, même les brochets sont des héros. Il se dégage une certaine mélancolie de vide et de beauté. C’est assez fascinant ».

Mes images
« En terme d’images, celui qui me correspond le plus actuellement c’est Robert Rauschenberg qui fait des Combine Paintings. Il associe des images qui ne vont pas ensemble mais qu’il combine malgré tout. C’est à l’œil du regardant de trouver l’image globale. J’aime cette idée du participatif ».
« La Pieta d’Avignon d’Enguerrand Quarton. Un tableau du XVème siècle. Une image très forte ».
« Pierrot Le Fou de Godard. Là encore c’est à nous de recoller les morceaux. J’aime aussi ne pas comprendre dans le cinéma ».
« Récemment, j’ai vu Holly Motors de Leos Carax. C’est l’histoire d’un homme qui a une sorte de carnet de commandes et doit tenir plusieurs rôles dans la journée. J’aime cette idée : on peut être tout ce qu’on veut dans une vie. Il n’y a rien d’arrêté ».

Mes sons
« Mon premier choc musical c’est Erik Satie. Même si j’ai découvert beaucoup plus tard que c’était lui. J’ai fait de la danse classique de six à neuf ans. Je rêvais de faire des pointes. J’ai été extrêmement déçu quand j’ai appris que les garçons n’en faisaient pas. Nous on avait juste droit aux demi-pointes. Notre prof nous faisait danser sur Satie, je l’ai su après ».
« Je suis un enfant des clips à la télé et Ashes to Ashes de David Bowie est un morceau que j’aime de la même façon depuis des années. Le type déjà, en clown blanc, mais les sons aussi, dont on se demande quelles machines ont pu les générer. Bowie, c’est lui qui m’a ouvert à la pop à un moment où je subissais un peu le métal que ma sœur écoutait en boucle ».
« Le Sacre du Printemps de Stravinsky est pour moi le truc le plus rock’n’roll qui soit. Debussy, qui n’aimait pas du tout, disait « c’est une boucherie ou un massacre composé dans un fauteuil » ».

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