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© Hélène Le Corre

Charlotte Piednoir


Née en 1978, elle grandit à la campagne dans les Deux-Sèvres, est scolarisée à Cholet où, de la cinquième à la terminale, elle suit en soirée les cours de l’École d’Arts. Après son bac, elle intègre l’École Supérieure des Beaux-Arts d’Angers. Elle expérimente l’habitat alternatif, sédentaire et nomade, entre caravane et camion, descend jusqu’en Espagne, s’arrête un temps à Perpignan boucler son diplôme et retourne s’installer dans les Mauges où elle propose des ateliers d’arts plastiques en milieu scolaire et à destination des adultes. En 2005 elle pose ses valises à Groix pour monter un atelier-galerie. C’est là qu’elle rencontre Agathe Halais, venue faire une intervention en gravure. En 2010 elle arrive à Rennes et peu de temps après elles montent ensemble l’Atelier Barbe À Papier.

« À l’adolescence, mes parents m’avaient inscrite à une dizaine d’activités. Ils étaient tous les deux éducateurs spécialisés et finissaient tard. Donc, après l’école, je faisais du sport, de la musique – clavecin et solfège - et des arts plastiques, en attendant qu’ils me récupèrent pour rentrer à la maison ». Elle poursuit, « en fait, mon intérêt pour les arts plastiques est venu d’une pratique, plus que d’un coup de cœur pour un artiste ». Quand elle commence les Beaux Arts, elle s’intéresse à la sculpture, « il y avait un atelier de fonderie, ça m’a tout de suite passionnée ». Le rapport au métal, le côté physique. Elle enchaîne des stages et des rencontres, « j’ai eu la chance de travailler au Centre de Sculpture de Montolieu avec John Cockin, l’un des fondeurs de Barry Flanagan dont j’aime particulièrement le côté décalé de l’œuvre ».

« Le problème, c’est que la fonderie, c’est pas très sain : on respire tout un tas de cochonneries. J’ai donc bifurqué pour arriver à la gravure ». Elle s’excuse en riant, « par défaut ». Elle y retrouve un engagement physique, « j’aime travailler les grands formats, le bois. J’ai sûrement une approche de sculpteur quand je grave une plaque ». Elle parle du corps dans la création, confie être terre à terre, mais indique « il faut qu’il y ait du mouvement, de l’espace, j’aime la performance ».

Du mouvement, il en a bien été question quand elle a décidé de partir seule en camion en 2000. Angers, la Creuse, Clermont-Ferrand, Pau, Bayonne, Bilbao, Oviedo dans les Asturies, Pontevedra en Galice puis Porto, avec un concept qu’elle juge aujourd’hui mal ficelé « une amie restée à Angers imprimait un plan de la ville où j’allais à une certaine échelle. Quand j’arrivais sur place j’imprimais le plan à la même échelle et on faisait une sorte de bataille navale grandeur nature. Mais c’était compliqué, comme tout était joué aux dés, je me retrouvais à devoir me rendre dans des quartiers éloignés à 2h du matin ». Elle en gardera cependant son « sujet de prédilection, outre les animaux », l’idée de réécrire et graver des plans de ville.

Mes images
« La ville, les paysages. Pendant les voyages en train, j’aime bien regarder défiler la nature, voir comment c’est organisé ».
« J’aimais beaucoup le travail de Pierrick Sorin au départ, même si j’ai pas mal décroché du milieu de l’art contemporain ».
« Aldo Biascamano, dont j’ai découvert le travail lors de mon stage au Musée des Arts Modestes de Sète. J’aime les choses décalées, un peu obsessionnelles. Lui, il collectionnait les verres polis que l’on trouve sur la plage. Il les avait collés partout dans sa chambre. On y entrait comme dans un coquillage. C’était fou ».
« Thomas Kilpper, un graveur allemand qui grave des planchers. Il a notamment gravé un terrain de basket. Il travaille sur le grand, déplacé de son contexte. Je trouve ça génial ».

Mes sons
« La radio, Canal B, une radio de la Fédération des Radios Rock qui émet à Rennes ».
« J’aime bien la musique, mais depuis que j’ai mes deux filles, je suis larguée. Je n’ai plus le temps d’en écouter. Mon premier concert, j’avais quinze ans. C’était Jacques Higelin. J’aime bien quand il y a des textes dans les chansons. C’est grâce à ça que j’ai compris plein de trucs quand j’étais petite. J’écoutais tous les mots. Des fois je restais bloquée sur une phrase ».
« Scott Ross, qui a des morceaux de clavecin. Glenn Gould aussi. J’ai beaucoup écouté la musique répétitive de Steve Reich également. Et il y a un truc qui me fait chialer à coup sûr, c’est le Stabat Mater de Pergolèse ».

Mes textes
« Je lis des bandes dessinées. Ça peut être Brétecher qui exprime bien la réalité du quotidien des femmes. Ou alors Étienne Davodeau qui parle assez parfaitement de la réalité des Mauges et leur contexte social ».
« J’aime les romans policiers et les auteurs islandais. Je suis allée un mois et demi en Islande. C’est très inspirant, la lumière, les volcans. En lisant des romanciers islandais, je me replonge dans ces paysages ».


L’univers de Charlotte
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