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Thomas Fernier


Est né à Paris en 1968 et habite aujourd’hui du côté de Bécherel en Ille-et-Vilaine où il restaure une maison pour en faire un lieu d’habitation et un studio de travail. Enfant, il suit des cours de piano pendant un an, mais abandonne lorsque sa mère déménage en Normandie. À l’adolescence, il se prend de passion pour la musique des années quatre-vingt et monte son premier groupe. De retour à Paris, il découvre Erik Satie et se remet au piano en autodidacte. Après son bac, il fait trois mois de fac de musicologie, puis part découvrir le monde. Il continue la musique sous différents noms et rencontre le metteur en scène Benoît Bradel en 1996. Il intègre sa compagnie, à la création musicale, travaille en parallèle pour la compagnie de danse Man Drake et pour le metteur en scène Jean-François Peyret.

« Ça faisait longtemps que je voulais m’installer dans un cadre autre que citadin ». Il sourit, « j’ai des souvenirs forts de quand j’étais très petit ». Il était sûrement dans sa poussette, à la campagne, il y avait des oiseaux et « un avion a dû passer dans le ciel. Maintenant, à chaque fois que j’entends ce même son d’avion, dans un certain contexte, ça m’hypnotise. Être attentif à la texture du son, c’est quelque chose qui m’anime ». Il poursuit, « dans ma pratique musicale, j’ai envie de faire partager un environnement, un relief sonore, une mise en perspective. Que la musique soit de qualité n’est pas un truc essentiel. Je ne suis pas là pour faire des tubes ».

Sa première claque musicale personnelle, c’est Stewart Copeland, le batteur du groupe Police qui la lui met. « Son jeu extraordinaire m’a vraiment donné envie de faire de la batterie ». En attendant de pouvoir s’offrir l’objet du désir, il commence à faire de la musique avec un petit synthétiseur et une boîte à rythmes. « On faisait des morceaux avec mon pote d’adolescence. On s’enregistrait sur des cassettes et on rajoutait au fur et à mesure des couches d’enregistrements ». C’est l’apogée de la new wave et du post-punk. Il tombe amoureux de cette scène « bruitiste et planante », décortique les interviews des artistes phares du courant dans les magazines, devient « boulimique de musique ».

Nostalgique de son enfance en Normandie, il quitte Paris pour Grenoble et se met à voyager : l’Inde, l’Irlande, le Maroc. Il s’installe un temps dans le Lot et atterrit finalement en Bretagne. « C’est à ce moment là que j’ai rencontré Mathias Prime. J’avais une émission de radio à La Couyère et j’avais interviewé son groupe See Saw Motion. Nous avions plein de goûts en commun ». On est au milieu des années quatre-vingt-dix. Il repart trois ans après à Paris et intègre la compagnie de théâtre de Benoît Bradel. C’est en 2013 qu’il revient s’installer du côté de Rennes. L’occasion de poursuivre ses collaborations avec Mathias Prime, entre deux projets personnels, trois créations pour le théâtre ou la danse, les finitions de sa maison et le plaisir de profiter à nouveau de la nature avec sa compagne et leurs petites filles.

Mes sons
« Ma mère écoutait énormément de musique. Du coup, j’ai l’impression de connaître intimement Billie Holiday et Fred Astaire. Les enregistrements étaient assez anti-réalistes. C’est ce qui me plaisait. J’aime bien les basculements, la part de hasard dans la musique, comme chez les anglais de This Heat. Les productions trop léchées ne me touchent pas, ça perd en magie, même si j’aime beaucoup Autechre en musique électronique. Le son est hyper clinique, très propre pour le coup, mais ça n’est pas la restitution de quelque chose que l’on connaît ».
« Autrement, j’étais un fanatique du label anglais 4AD. J’adorais Cocteau Twins et Wolfgang Press dont j’ai rencontré le chanteur qui vendait des petites bagnoles sur Portobello Road à Londres ».
« Il y a tellement de gens à évoquer... Moondog, un sacré iconoclaste ! Sun Ra, les bons allumés de Caroliner Rainbow, l’album The way out de L. Voag, la musique balinaise... Et puis il y a toujours Erik Satie dont je continue à travailler Les Vexations »

Mes images
« Shining de Stanley Kubrick est un chef-d’œuvre. La musique a une valeur narrative hyper forte, tout est extrêmement précis ».
« Rusty James de Coppola, Passe-montagne de Stévenin, Le silence de Bergman les films de Cassavetes... ».
« Je considère qu’il y a deux sortes de films. Certains que l’on aime pour la totalité de l’œuvre, d’autres pour des moments. J’aime le génie comique de Louis de Funès. L’homme orchestre est un film fabuleux : les images associées à la musique de François de Roubaix... Là ce sont des moments, des trouvailles visuelles, des petites choses qui semblent futiles, mais qui, moi, vont me saisir ».

Mes textes
« Il y a un livre qui m’a beaucoup marqué : Soleil Hopi, une autobiographie de Don C. Talayesva, un indien Hopi du sud des États Unis qui a traversé le XXème siècle et la période d’américanisation. Un grand témoignage ethnologique ».
« J’ai été très touché par Hermann Hesse, Boris Vian aussi. Aujourd’hui, j’aime bien la poésie. Quand tu as peu de temps, tu lis un poème et c’est fort. Pessoa Bureau de tabac, Le livre de l’intranquillité : ça te retourne la tête ».
« Je suis attiré par les formes de pensées orientales, comme celle de Jiddu Krishnamurti qui exprime l’idée qu’une transformation de l’humain ne peut se faire qu’en se libérant de toute autorité ».

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