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© Hélène Le Corre

Agathe Halais


Née en 1983 à Rennes, elle sort diplômée de l’ERG (École de Recherche Graphique, Bruxelles, Belgique) en 2008. En 2009, elle publie un livre « Le robinet lui aussi pleure » aux éditions du Point d’Exclamation. En 2010, elle crée l’association Barbe À Papier avec Charlotte Piednoir et propose des ateliers de gravure itinérants à Rennes. En septembre 2012, Barbe À Papier s’associe à des structures amies pour monter Marché Noir, un festival annuel autour de la gravure, la sérigraphie et l’illustration. En décembre de la même année elle inaugure La Minuscule Galerie et fait d’une petite vitrine un lieu d’exposition. En 2014, elle travaille sur Les Choses de la Vie, adaptation du film de Claude Sautet en stop motion à partir de gravures réalisées avec Charlotte Piednoir sur une musique de Mathias Prime et Thomas Fernier.

« Petite, je cherchais des trésors ». Elle s’amuse de cette révélation. Agathe Halais travaille la miniature, mais confesse, « je ne me suis pas dit je vais faire des petites choses, je me suis rendue compte que je les faisais ». C’est venu par la gravure, « la pointe sèche sur plaque de cuivre a été une vraie rencontre. Il y a quelque chose qui est de l’ordre du bijou ». Une fois encré, le bijou-matrice permet d’imprimer une image, « j’aime la magie du procédé ». « J’ai été modèle pour le peintre Mariano Otero. Tous les ans il faisait une lino-gravure pour ses cartes de vœux. Il m’avait présenté cette technique. J’ai trouvé ça fascinant. J’avais vingt ans. J’ai raflé tout le stock de matériel que j’ai pu trouver dans le magasin de loisirs créatifs d’à côté ». Le virus des arts plastiques était déjà là. « Chez mes parents il y avait pas mal de toiles. Ma mère voulait faire archi et mon grand-père était menuisier sculpteur ». Encouragée par sa famille, Agathe fait un bac Arts Appliqués, se cherche un peu : deux années en arts du spectacle, « je voulais vivre le cinéma », puis une année à Saint Luc à Liège pour se former à l’illustration « sauf que moi, je cherchais plus à raconter une histoire qu’à bien dessiner ». C’est finalement à l’École de Recherche Graphique de Bruxelles qu’elle trouve sa voie.

« Gamine, j’ai le souvenir d’avoir vu un documentaire sur Tasha Tudor, une illustratrice américaine pour enfants qui faisait des choses un peu kitsch, très bucoliques. Elle vivait dans une petite maison à la campagne, portait des robes à fleurs. Je n’étais pas spécialement touchée par son univers, mais sa vie ressemblait à son imaginaire. Je me suis dit : c’est ça que je veux faire ». Elle, rigole, « moi, la campagne, c’est pas mon truc ». Originaire de Rennes, elle a fait de cette ville son terrain de jeux. C’est là qu’elle a monté sa minuscule galerie attenante à la librairie Planète Io. « Quand on fait de toutes petites choses, c’est difficile d’exposer. N’importe qui peut embarquer une mini-œuvre et on met du temps à se rendre compte qu’elle a disparu. L’idéal était une vitrine, un peu sur le principe des menus que l’on trouve à l’entrée des restaurants ». C’est également à Rennes qu’elle a créé en 2010 l’atelier Barbe À Papier avec Charlotte Piednoir « on se déplace en tricycles en transportant presse, encre, plaques, gouges... Tout le matériel nécessaire à la gravure. Une fois à l’arrêt les vélos se transforment en atelier ».

Mes images
« Je ne me nourris que d’images, donc tout fait sens. Mais j’admire le travail d’artistes comme l’américaine Kiki Smith. Elle touche à tout. Gravure, installation, sculpture. C’est du grand format, et même si mon fil conducteur est le petit, je suis très sensible à son approche des choses ».
« Louise Bourgeois aussi. J’aime le fait qu’elle ne se cantonne pas à un seul médium ».
« Je me rends compte que je suis plus réceptive au travail des artistes femmes. Leur sensibilité me parle plus. Je ne me sens pas pour autant féministe dans l’âme, ni militante ».

Mes sons
« La radio, Canal B, une radio de la Fédération des Radios Rock qui émet à Rennes. Mais aussi France Inter ou France Culture. Je me sens reliée à d’autres personnes quand j’écoute la radio. Je n’écoute pas forcément ce qui se dit, mais je sais qu’on est plein à écouter en même temps et je trouve ça génial ».
« Le son des films m’accompagne vachement. Mon premier achat, ça a été un magnétoscope. Je me mettais un extrait de À bout de souffle tous les matins avant de débuter ma journée. Je connais le film par cœur, ses dialogues, ses silences, sa musique ».
« Le son de la ville aussi. il est important. Je fais des crises d’angoisse à la campagne ».

Mes textes
« Je n’ai pas tellement de textes de référence. Je lis très peu, je suis dyslexique. Mais j’aime beaucoup le travail de Valérie Mréjen, sans doute parce qu’elle est plasticienne, ça me touche plus ».
« Il y a quand même cette phrase de Virginia Woolf que je me suis appropriée « N’allons pas croire que la vie se vit plus pleinement dans les choses que l’on juge communément grandes que dans celles que l’on juge communément petites » »


L’univers d’Agathe
Découvrir l’Atelier Barbe à Papier


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