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Stéfani Gicquiaud


Née à Bernay dans l’Eure à la fin de l’année 1974, elle grandit quelques kilomètres plus loin, à Brionne, une commune de 4500 âmes. Ses parents déménagent à Quimper lorsqu’elle entre en seconde, mais le travail de son père les mène à Rennes en cours d’année. Elle y vit ses années lycée, passe son bac et s’inscrit en fac d’arts plastiques où elle reste un trimestre, la musique pop s’étant invitée dans sa vie. Avec quelques amis, elle monte l’association Space Patrol et organise des concerts. Conception d’affiches, prises de vues pendant les soirées, elle veut apprendre en faisant. Pressée de rentrer dans la vie active, elle passe un bafa et travaille comme animatrice pendant trois ans. Afin de réunir ses compétences professionnelles et son amour pour la musique, elle opte pour un Beatep Musiques actuelles qui lui permettra de travailler dans le secteur pendant plus de dix ans entre l’Ariège et la Bretagne, avant de se faire rattraper par sa passion pour la couture.

« J’habitais près du château d’Harcourt quand j’étais petite. Mon prof d’arts plastiques au collège s’investissait dans un son et lumières là-bas. Il nous a embarqués en tant que bénévoles. J’ai commencé en étant costumière ». Ce souvenir l’amuse. Elle l’avait presque occulté. Elle se rappelle pourtant que c’est bien ce professeur qui lui a transmis la fibre. « J’ai naturellement enchaîné en seconde littéraire option arts plastiques ». On est à Quimper et il y a un labo photo à disposition. « J’étais en observation, assez fascinée ». Elle s’achète un appareil photo argentique l’année d’après et commence à mitrailler pendant les concerts. « Trois ans après j’ai acheté un labo photo pour faire mes propres tirages ».

Elle hésite à faire un CAP photo, « je ne savais pas ce que je voulais faire, par contre j’ai tout de suite su que la fac n’était pas faite pour moi. Les amphis bondés et les gens brillants qui prenaient la parole me collaient la pression ». En attendant, elle multiplie les petits boulots, entre baby-sitting et ménage, « j’étais impatiente de gagner des sous pour partir de chez mes parents ». C’est assez naturellement qu’elle passe son Bafa, « une solution pour travailler ». Parallèlement, elle continue à organiser des concerts avec son association. « Quand ils ont créé le Beatep musiques actuelles, je me suis dit que c’était l’occasion de rassembler mes connaissances en animation et ma passion pour la musique ».

Diplôme en poche, elle part à Toulouse. « J’ai été embauchée en Ariège, à Art’Cade, une scène musiques actuelles. En contrat emploi jeune, je faisais un peu de tout : compta, dossiers de subventions, communication, accueil du public, billetterie, bar ». Elle y reste trois ans, se lasse et rentre à Rennes. Là, elle monte un label en association avec deux amis, Range Ta Chambre, et ne tarde pas à se faire repérer par La Station Service, une structure d’aide au développement des groupes. « Et puis, en 2011, à Édimbourg, je suis tombée sur une friperie et j’ai eu un déclic. Je fais mes vêtements moi-même depuis l’adolescence et j’ai compris que j’avais envie de faire de la couture un métier ». Elle passe un CAP « pour désapprendre ce que j’avais acquis de manière empirique » et armée de son réseau dans le spectacle vivant, se retrouve propulsée petite main pour habiller comédiens et danseurs.

Mes images
« Je devais avoir dix ans quand j’ai eu ma première machine à coudre à l’arbre de Noël de l’entreprise de mon père. Une Ma Cousette. Ma grand-mère et ma mère cousaient, pour moi, la machine, c’était domestique. Un objet familier à côté de la cafetière que toutes les femmes utilisaient ».
« Je n’ai pas touché mon appareil photo pendant des années. Développer en argentique coûte cher. J’ai acheté un numérique en 2008. Ça me permet de prendre des images sans être vue. Je ne suis pas à l’aise avec la photo posée. Je suis aussi embarrassée que le sujet, du coup ça ne fonctionne pas ».
« Le photographe Pierre Gaigneux, avec son approche très artistique m’a sortie d’un truc conventionnel. Il m’a appris à décaler le cadrage, à dynamiser mes images ».

Mes sons
« Clairement, pour moi, la musique, c’est Rennes. C’est là que j’ai fait mon apprentissage, que j’ai découvert plein de choses ».
« Le premier groupe qui m’a orientée vers ce que j’écoute maintenant, c’est les Pixies. Ça a été une énorme claque. Et puis il y a eu Stereolab. Je pourrais citer P.J. Harvey également dont j’admire le travail et l’attitude. Et enfin Dominique A, dont les textes me bouleversent ».
« De Kift, un groupe hollandais. Un coup de cœur musical qui s’est transformé en rencontre humaine. C’est une sorte de big band familial. Je les ai accompagnés pendant quelques années et c’était comme si je faisais partie de leur famille ».

Mes textes
« J’aime bien les recueils de lettres. Ça va bien avec mon léger côté voyeuriste. Frida Kahlo par Frida Kahlo : Lettres 1922-1954, m’a passionné »
« Doubles-Jeux de Sophie Calle dont le travail se situe aux limites de la photographie, de l’art conceptuel et de l’expérimentation »
« La littérature américaine, Paul Auster, John Fante »


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