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© Erwan Le Moigne

Mathias Prime


Habite à Rennes, ville où il a grandi et où il est né à la fin de l’année 1972. Issu d’une lignée de métiers de bouche, il quitte l’école après le collège pour suivre le chemin familial et devenir cuisinier. Passionné de musique, il achète un synthétiseur avec sa première paie gagnée à quinze ans grâce à un job d’été et reçoit juste après une guitare électrique pour noël. Il apprend en autodidacte et monte ses premiers groupes. Avec l’un d’entre eux, See Saw Motion, il crée l’association Space Patrol au milieu des années 90 pour organiser des concerts. Il intègre peu après le collectif musical rennais Aïwa et part sur les routes de France et de Navarre. Il rejoint le Jardin Moderne à Rennes en 2001, d’abord en qualité de cuisinier puis en tant que régisseur. Il sort son premier album solo sous le nom de Saïtam en 2010.

« Quand j’étais gamin, mon père avait une grosse bagnole assortie d’un gros système son. On écoutait plein de musique en allant chez mes grands-parents. J’adorais ça ». Le père, boulanger à Rennes est passionné de voiture, de moto et de musique, « mais c’est mon frère, qui avait cinq ans de plus que moi qui m’a fait mon éducation musicale. Il avait toujours un petit coup d’avance ». Et ce côté fascinant qu’ont les plus grands, « avec sa chambre aux murs entièrement peints en noir à paillettes où étaient collés des paquets de JPS argent et des posters de David Bowie dans sa période Berlin ». Il sourit, « c’était scotchant, c’est sûr, ça sensibilise au rock’n’roll ».

« La cuisine, c’était pas par défaut. C’était une sorte de tradition familiale et je voulais bouger rapidement ». Son CAP en poche il part travailler un peu partout en France, mais « cela exige une rigueur, une envie et une forme d’exclusivité. On ne peut pas cumuler deux passions. Pour moi, la musique passait avant la cuisine ». Dès qu’il a trois sous, il l’investit dans des instruments ou dans du matériel, « très vite, je me suis acheté un quatre pistes. À l’époque c’était le Graal. Cela permettait d’enregistrer de manière très spontanée ». Entre ses groupes, son association Space Patrol, « on organisait des concerts pour pouvoir rencontrer les gens dont on était fans » et sa maîtrise du quatre pistes qui fait que beaucoup de rennais font appel à lui pour leurs enregistrements, il est repéré par Aïwa. « On a tourné à fond. Le souvenir le plus incroyable restera le Festival de jazz de Montreux où Tricky nous avait rejoint sur scène ».

Il dit « ça a été une cadence de fou. Et ça a assouvi mes envies de scène. Je n’ai aucune frustration maintenant ». Depuis son embauche au Jardin Moderne, « une structure dédiée aux musiques actuelles, qui te permet de rester connecté à ce que fait l’ensemble de la scène musicale », il se laisse aller à des projets plus personnels. Que ce soit en solo sous l’anagramme Saïtam, ou encore auprès de compagnons de recherches sonores comme Thomas Fernier, il a plein de choses à dire.

Mes sons
« J’adore les field recordings, les sons pris en extérieur. Une cour d’école, la forêt, ou même un bar. Éventuellement, le bruit du tapage nocturne de ton voisin peut être énorme . C’est John Cage qui en parlait très bien »
« Depeche Mode, une de mes premières grosses claques. Leur album Violator est un must. C’est définitivement celui que je préfère »
« Il y a un tas d’artistes dont j’admire le travail. Je pourrais citer Kaftwerk, en tant que défricheurs en musique électronique, Sonic Youth pour les guitares, mais aussi Christophe, Jah Wobble avec P.I.L., plus récemment 69, avec des ex-Sloy. C’est marrant, je n’ai jamais été fan de Sloy, mais là c’est incroyable, tu te dis : il n’y a que des français pour faire ce genre de trucs. Musicalement, je me sens décomplexé et je ne me revendique d’aucune chapelle. Je fais de la musique, mais j’aime écouter celle des autres »
« Les concerts en général. J’ai toujours été en voir, même seul. Une sorte de boulimie. C’est plutôt cool d’être régisseur d’une salle de concerts quand on aime le live ! »

Mes images
« Comme la boulangerie de mes parents était à côté du Gaumont, j’ai pu voir et revoir plein de films quand j’étais petit. Les ouvreuses nous faisaient passer par la sortie. Comme ça, on entrait gratuitement »
« Le deuxième Zombie, réalisé par George A. Romero. La photographie, la musique. C’est vraiment un film qui m’a marqué et que je peux encore revoir avec plaisir »
« Woodie Allen aussi, on est né le même jour, un 1er décembre. Du coup je me suis toujours identifié à lui »
« Nylso, c’est lui d’ailleurs qui a fait la pochette de mon disque ».

Mes textes
« Pif gadget, les comics Marvel, puis en grandissant la bande dessinée indépendante. Il y a une démarche qui est identique à celle que j’aime dans la musique »
« Ça m’emmerde de rentrer dans des romans. Mais j’aime lire des biographies. J’ai beaucoup aimé celle de Robert Wyatt écrite par Philippe Thieyre avec les photos de Jean-François Dréan. Le type est de toute façon extraordinaire, mais c’est hyper bien écrit et très bien documenté. Passionnant ».

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Saïtam


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