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© Bernard Louédec

Jérôme Saliou


Né en 1970 à Quimperlé, il arrive à Rennes après son bac et s’inscrit en lettres modernes option russe. Parallèlement à ses études il travaille à la bibliothèque universitaire section lettres, ce qui lui permet d’assouvir sa soif de littérature. Après son DEA, il part à Paris et devient libraire à Extrapole, l’une des premières grandes surfaces culturelles en France. Il rentre à Rennes en 1999 et ne tarde pas à y ouvrir sa propre librairie, Alphagraph, spécialisée dans le graphisme, la bande dessinée et la littérature « choisie ». Il s’investit pendant neuf ans dans l’association Périscopages qui valorise la bande dessinée d’auteurs. Conseiller littéraire, il apporte sa connaissance du monde du livre, de l’édition à la distribution, et a joué un rôle de conseiller au niveau de l’ouvrage Les aventuriers de L’Autre Idée en Casamance . Il s’inscrit dans une démarche de soutien de la création dite « alternative » et a participé aux émissions de radio L’Art et La Manière à travers des chroniques intitulées Artiste, c’est pas un métier, de quoi vis-tu ?

« Mes parents étaient dans l’enseignement et j’ai su très tôt que ce n’était pas ce que je voulais faire », il lâche ça dans un grand éclat de rire et poursuit, « les études de lettres c’était surtout parce que je voulais venir à Rennes et en m’inscrivant là-dedans, qui plus est en prenant option russe, je balisais le terrain. Il n’y avait que là que je pouvais faire ça ». Fan de rock’n’roll, c’est pour avoir accès aux concerts qu’il tient tant à rejoindre la ville. Contre toute attente, c’est précisément pendant ses études qu’il « commence à lire de façon compulsive ». Ce job décroché à la bibliothèque universitaire n’y est pas pour rien. « Honnêtement, il n’y avait pas grand monde à passer et je pouvais bouquiner toute la journée ». Il rigole, « c’est parce que je voulais garder ce boulot que j’ai poursuivi jusqu’au DEA ».

En débarquant à Paris il n’a pas vraiment de plan, mais tombe sur une annonce d’Extrapole qui cherche des libraires. Avec son expérience de bibliothécaire il n’a aucun mal à convaincre qu’il fera l’affaire. Il y restera quatre ans, « j’ai démissionné, la bonne idée ! Alors j’ai enchaîné des petits boulots histoire de récupérer des droits ». Il en profite également pour murir un projet, « il n’y avait rien à Rennes autour du graphisme et de la bande dessinée indépendante, je me suis dit qu’il y avait un créneau ». Mi-août, il boucle son affaire sur le papier « et puis j’ai fait le tour des treize banques rennaises pour trouver les sous. En décembre, Alphagraph ouvrait ». L’aventure dure entre décembre 1999 et juillet 2014, « ça a plus été une histoire d’amour qu’une passion », dit-il.

Aujourd’hui il ne sait pas vraiment ce qu’il veut faire, même si l’idée de retrouver un poste en bibliothèque ne lui déplaît pas du tout. Il n’est pas amer mais constate, « il va falloir que la chaîne du livre se restructure complètement. L’industrie a tout cassé en quinze ans. Il faudra produire moins mais produire mieux ».

Mes textes
« J’aime bien les textes qui éclairent de façon singulière le grand cirque dans lequel on vit tous. Que ce soit dans le dégommage ultra stylé de la société bourgeoise de Flaubert, dans les parenthèses ironiques de Philippe Jaenada ou dans les chroniques rock’n’roll, lucides et enthousiastes de Lester Bangs. »
« Après, pour les moments où on a envie de se lécher les plaies, la mélancolie sensualiste de Baudelaire, c’est parfait. »

Mes images
« J’ai une fascination absolue pour le Saint Jean Baptiste de Léonard de Vinci. Évidemment plus au Louvre qu’en carte postale mais même... Le traitement, la position, l’expression du visage, ça raconte vraiment un truc à chaque fois différent, en fonction de l’humeur.de celui qui regarde. »
« Pour un peu les mêmes raisons j’aime n’importe quelle image tirée de 2001 l’odyssée de l’espace de Stanley Kubrick. »
« Ces derniers temps j’ai adoré la découverte soudaine du travail photographique de Miroslav Tichy qui, demi clodo, ne travaillait que pour sa propre libido. C’est assez fabuleux. »

Mes sons
« Rien ne me transporte autant qu’un bon concert de rock’n’roll généreux et limite tragique comme peuvent être ceux de Nick Cave & the Bad Seeds ou Møller Plesset, pour les meilleurs. »
« Le prélude de la cinquième suite de Bach pour violoncelle, c’est simple, je n’ai même plus besoin de l’écouter. Je peux la lancer direct dans mon cerveau. »
« Et la sirène du premier mercredi du mois à midi me fait toujours une étrange petite émotion nostalgique. »


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