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© Stéfani Gicquiaud

Samuel Michel


Né à Guérande en 1971, il déménage à Quimper à l’adolescence. Après son bac, il entame des études d’italien à Rennes, ville où il réside encore à l’heure actuelle. Ayant, dès le lycée, attrapé le virus de la musique – c’est là qu’il intègre son premier groupe en tant que guitariste – il rejoint rapidement différentes formations à Rennes : Anesthesia, Solen et enfin Terminal Buzz Bomb, groupe cyber punk du milieu des années 90, dont la renommée dépasse les frontières de la région. Lui est en charge des samples. À la fin de l’aventure il monte son projet solo, Slaaam, musique électronique dure et instrumentale qui lui offre un passeport pour jouer aux quatre coins de l’Europe et aux États-Unis. Au début des années 2000, il intègre le groupe rock Bikini Machine, toujours en charge de la partie électronique et se met à l’orgue.

« À la base je suis guitariste ». Il rigole, « c’est parce qu’il y avait déjà deux guitaristes quand mes potes ont monté Terminal Buzz Bomb en 1995 que je me suis retrouvé aux samples ». Le sampling c’est le fait d’échantillonner des extraits de musique ou des sons pour les réutiliser dans de nouvelles compositions. « À l’époque, on stockait ces échantillons sur des disquettes. Il en fallait une pour cinq secondes de son. Autant dire qu’en concert je passais mon temps à en changer ». Après un premier disque autoproduit, le groupe signe un contrat avec la multinationale RCA-BMG. Un album et des dates à travers la France suivent, mais la formation se sépare en 1998.

« J’ai toujours aimé le punk et la new wave. Dès la sixième j’enregistrais des bouts d’émissions de radio pour me faire des cassettes. Je n’avais ni le début, ni la fin des morceaux et en plus je ne connaissais pas les titres, mais c’était ma musique à moi ». Curieusement, il reste de marbre quand débarque la techno, cette musique faite précisément de samples. Pourtant il intègre le magasin de disque Cyborg Station à Rennes à la fin des années 90. « J’y ai fait mon apprentissage en musiques électroniques ». C’est là qu’il rencontre le duo Rotator avec qui il monte le label Peace Off. « Mon nom de scène, c’est parce que tout le monde m’appelle Sam et à l’époque j’aimais bien slamer – sauter dans la foule pendant les concerts punk – Slam, c’était un pseudo qui coulait de source. Après j’ai rajouté les trois A pour faire Slaaam ».

Avec leur label, ils pensent avoir inventé un style et se rendent-compte au gré d’un article paru dans le magazine anglais The Wire où on les cite, qu’il font du breakcore. « On faisait partie d’un courant ». Les portes de l’internationale souterraine s’ouvrent alors à eux et ils s’envolent jouer à travers l’Europe et les États-Unis, « il y avait un côté la Bohème version 2000 ». Son arrivée dans Bikini Machine lui apporte une stabilité relative et assouvit son côté rock, voire punk quand le groupe est embauché pour accompagner Didier Wampas. Il a aujourd’hui envie de reprendre son projet solo. « Avec les technologies actuelles on peut tout faire soi-même : boîte à rythmes, claviers et guitare », en gros synthétiser ses savoirs-faire.

Mes sons
« Je suis fan du bruit des tondeuses depuis que je suis tout petit. Quand je fais de la musique, je cherche à me sentir bien : produire des nappes sonores qui caressent la tête, massent le cerveau. Des belles basses qui rentrent dans le ventre. L’orgue, c’est fascinant. C’est un ronronnement confortable. J’adore la façon qu’a Jimmy Smith d’en jouer ».
« Ces temps-ci j’écoute les lyonnais d’Abschaum, le groupe Pierre & Bastien, très punk minimal et aussi Schlasss : j’aime bien leur côté « on s’en fout on fait de l’eurodance » »
« Et puis toujours Golden Hours de Brian Eno, Spiegel in Spiegel d’Arvö Part et la musique de méditation ».

Mes images
« J’ai découvert Peter Pank quand j’avais à peu près dix ans. C’était Peter Pan en punk. J’étais fasciné. J’ai accroché à toute cette BD des années 80, Métal Hurlant ou l’Écho des Savanes »
« J’aime beaucoup les films d’horreur. Blue Holocaust, un film italien réalisé par Joe D’Amato. La musique est dingue et l’histoire abominable. Autrement je suis un inconditionnel du cinéma de Michel Gondry »
« Je garde des images extraordinaires de mes voyages. L’Italie et mon coup de cœur pour Florence. Les États Unis, d’autant que j’étais à New York quand les tours du World Trade Center se sont effondrées. La Chine aussi, mais surtout la Casamance et le village d’Abéné, sans eau ni électricité. Des gens pauvres mais respectueux, dotés d’un sens moral que nous avons un peu perdu dans nos sociétés occidentales »
« Les tatouages, même si je n’ai pas l’intention de faire de moi une œuvre d’art ».

Mes textes
« Dante, La divine comédie. L’enfer est décrit avec une telle violence et le paradis avec une telle douceur. C’est un orfèvre. Il travaille le fond et la forme et crée un tableau avec des lettres »
« Pasolini, Il pianto della scavatrice, littéralement Les pleurs de l’excavatrice. Pasolini adorait les banlieues en construction, cet espace entre la campagne et la nouvelle ville. C’est aussi quelque chose qui me touche »
« J’aime Bukowski, son côté déglingué, Moins que zéro de Bret Easton Ellis, La peau sur les os de Stephen King... »
« En ce moment je bouquine Lovelorn, un recueil de pochettes romantiques parues aux éditions Ilex et aussi Le guide de survie en territoire zombie de Max Brooks, illustré par Max Werner. C’est plutôt rigolo ».

Samuel Michel sur le web
Bikini Machine


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